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Morad HACENE: Chef de projet Internet et web marketing
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Johanna REDON: Ergonome et chef de projet web
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Reportage sur les aveugles et malvoyants
publié par Morad HACENE le 8 décembre 2005




Résumé

(JPG) Un aveugle peut-il surfer sur Internet ? C’est une question que beaucoup de personnes ne se posent pas. Les personnes déficientes visuelles qui regroupent les malvoyants et non voyants, ont la possibilité d’accèder à Internet grâce à des outils adaptés .
Cependant, il ne suffit pas d’avoir une synthèse vocale ou un clavier braille pour pouvoir accéder aux savoirs en ligne. En effet, l’accessibilité numérique soulève plusieurs problématiques : le prix du matériel, la formation aux outils, la volonté des webmasters, des politiques et le changement des mentalités...

Quelles sont aujourd’hui les mesures prises pour favoriser l’accessibilité numérique ? existe t’il des initiatives, des lois qui permettent aux déficients visuels de ne pas être en marge de cette nouvelle technologie ?

Version vidéo du documentaire


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Nous vous proposons le DVD de ce reportage.

Version textuelle du documentaire

Dominique Burger, président de Braillenet :
L’accessibilité numérique devrait avoir comme priorité que tous les contenus d’enseignement, d’accès à la culture aujourd’hui soient accessibles à tous.

Marie-Anne Montchamp, ex secrétaire d’Etat aux personnes handicapées :
On voit bien que l’information numérique, l’accès aux savoirs par ce chemin là, c’est pour eux la manière de maintenir un lien social qui sans cela serait extrêmement précaire.

Tanguy Loheac, chargé de projet accessibilité à Braillenet, aveugle de naissance :
Il y a trois périodes, la première où il n’y avait pas Internet, la seconde où on avait accès à Internet avec du texte uniquement, enfin la période où le multimédia envahit internet.

Marie-Christine Mouttet, déléguée régionale PACA du GIAA, malvoyante :
Mais comment faire obligation que tous les sites soient réalisables pour les non voyants, sachant quand même qu’il y a très peu de non voyants en France, c’est le handicap quantitativement le moins nombreux, finalement ça concerne très peu de personnes, donc on arrive pas à faire poids.

Dominique Burger :
L’association Braillenet a été crée en 1997 pour encourager le développement d’applications de l’Internet et des nouvelles technologies (arrêt sur image : bandeau de présentation) qui favorisent l’intégration des personnes handicapées déficientes visuelles.

Notre activité qui consiste à diffuser des livres par l’intermédiaire d’Internet à des gens qui aujourd’hui n’ont pas accès à lecture, aux livres très facilement à savoir les aveugles et les malvoyants. Ca c’est le serveur Hélène qui va être ouvert à des particuliers qui pourront s’inscrire à la bibliothèque et emprunter des livres sous forme numérique, sous forme de fichier qui peuvent être lus sur un ordinateur ou sur un appareil en braille.

Marie-Christine Mouttet :
Il existe finalement deux systèmes de synthèse vocale (arrêt sur image : bandeau de présentation). Jaws est le plus utilisé et le plus complet chez les déficients visuels. On peut aller ouvrir un fichier texte, le tout c’est que j’arrive à trouver…

Sachant que le système braille va donner plus d’informations par rapport à la synthèse vocale pure, ne serait-ce que pour l’orthographe d’un mot puisque vous aurez en braille exactement ce qui est écrit sur l’écran.

Tanguy Loheac :
Je suis à Braillenet depuis le mois de mai, je suis chargé de projet sur l’accessibilité.
La première difficulté qu’ont eu les non voyants pour accéder à l’informatique, je pense déjà c’est l’information, c’est à dire de savoir qu’il existe du matériel adapté. Ensuite, c’est la formation.
J’ai eu une vague formation de deux jours sur l’utilisation du matériel mais après effectivement j’ai été complètent lâché dans la nature. Comme je supporte pas d’être dépendant de quelqu’un pour me dépanner, j’ai persévéré pour apprendre tout seul, parce qu’il faut apprendre à la fois Windows et l’utilisation de la synthèse vocale.

L’ouverture à Internet m’a beaucoup apporté parce qu’on trouve énormément de documentation sur Internet, des cours, des didacticiels, ça m’a vraiment ouvert pas mal d’horizons.

La volonté des personnes malvoyantes à vouloir accéder à la connaissance par Internet est vraiment très forte. Dans les listes de discussion à ce sujet, c’est très souvent est ce que l’encyclopédie Universalis est accessible ? est ce que Encarta est accessible ? parce que c’est synonyme d’autonomie.
Aujourd’hui pour rendre une encyclopédie plus attractive et plus sympa, il y a plein de vidéos qui apparaissent, des fichiers sons, etc… qui produisent des barrières d’accessibilité.

Vous avez deux possibilités : soit vous mettez l’information visuelle sous forme de texte sur une page à part où tout est reproduit ; où la description de l’information visuelle est reproduite. C’est aujourd’hui ce qu’il y a de plus accessible pour une personne malvoyante puisque c’est du texte. Un autre moyen de décrire c’est l’audiodescription, la description entre les dialogues des scènes comme ça se fait beaucoup maintenant pour les films.

Dominique Burger :
On a eu en France pendant des années des règlements imposant que les bâtiments soient accessibles mais qui n’étaient appliqués par personne parce que tout le monde les ignorait.

La loi de février 2005 prévoit que les architectes doivent maintenant recevoir une formation à l’accessibilité, de la même façon il doit y avoir une formation à l ‘accessibilité numérique pour tous les gens qui travaillent dans le secteur de la communication en ligne.

Tanguy Loheac :
Là pour l’instant on fonctionne sur la base du volontariat, c’est à dire qu’un webmaster s’intéresse au sujet, il dit voilà j’aimerai bien rendre mon site accessible parce que c’est dans l’air du temps. Plutôt que donner 10 euros à un aveugle à la sortie de la messe on va lui rendre son site accessible.
Il y a encore beaucoup de webmasters qui n’ont même pas conscience que leur site puissent être accessibles et n’ont même pas idée du sujet.

La pression viendra du public, des demandeurs, des clients, puisqu’il faut parler en terme de client, de consommateur. Peut être en commençant par le milieu éducatif et puis ensuite ça peut faire tâche d’huile.

Dominique Burger :
Il y a je ne sais combien de projets de cartable électronique, il y en a eu au moins une dizaine ou une vingtaine, je ne sais pas… et je n’ai jamais vu et pourtant on est allé au ministère avec des gens qui avaient des cartables électroniques, o a nessayé de sensibiliser…je n’ai jamais vu rien de sérieusement pris en compte...

On a même été jusqu’à dire dans certains départements qu’on ne prenait pas ce problème en compte parce qu’il n’y avait pas d’étudiants handicapés visuels dans le département…

Marie-Christine Mouttet :
A l’heure actuelle, l’enseignement en ligne c’est à l’état de prototype, il n’y a personne qui en est vraiment sorti en se demandant même s’il y en a beaucoup qui y sont rentrés…

Dominique Burger :
Si on regarde cinq ans en arrière, il y a cinq ans très peu de gens se posaient la question de l’accessibilité numérique. Aujourd’hui tout le monde se la pose, ça se traduit en particulier dans le discours politique, l’exemple c’est là encore Madame Montchamp qui a utilisé cette idée, ce concept dans son discours à la Cité des sciences l’an dernier, il y a vraiment une reconnaissance politique forte.

Marie-Anne Montchamp :
Moi je crois que les personnes handicapés qui, on le voit, (arrêt sur image :bandeau de présentation) ont un très grand intérêt à utiliser l’information en ligne, l’information numérique pour compenser leur handicap sont de véritables pionniers dans ce domaine là.

Mais ce qui est très important dans la loi de février 2005, au delà d’apporter des mesures elle apporte un principe, qui est aujourd’hui dans notre pays en France, on ne peut plus discriminer une personne à partir de son handicap et que le handicap ne doit plus cacher la personne.
Moi je suis un peu frappée des espèces de frilosité, on est une vieille Europe et parfois on est une vieille France…C’est lourd, moi je trouve que dans le domaine du handicap, on a une espèce de peur, une espèce de trouille, de la différence…

Tanguy Loheac :
Parce qu’après faut que les mentalités changent aussi et aujourd’hui il y a très peu de chefs d’entreprise qui savent qu’une personne aveugle accède à l’informatique.

Dominique Burger :
Une partie très importante de la population, du fait d’un handicap, du fait de l’âge, si on ne trouve pas des solutions sera exclue de la société de demain et ça c’est quelque chose qu’une société ne peut accepter ni assumer ou alors sauf à disparaître au bout du compte…


Réactions

Reportage sur les aveugles et malvoyants

Bonjour, je viens de voir le reportage, je l’ai trouvé très intéressant et surtout aimé la diversité des avis qu’il propose. L’accès à Internet est particulier pour les aveugles et malvoyants et impliquent des solutions précises. Mais comme ils le disent tous si bien, maintenant il faut que les mentalités évoluent !

par Christine Barteau, le 15 décembre 2005 à 01h17

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